Les paysages

Les paysages du Pays d’Art et d’Histoire sont multiples et contrastés. A l’est, le territoire est bordé par la vallée de la Saône et ses plaines alluviales. Les falaises calcaires du Tournugeois et du Mâconnais s’élèvent laissant place à la vigne et aux éperons rocheux fortifiés. Au pied des coteaux, des terres alluvionnaires s’étendent dans la vallée de la Grosne, marquée par l’omniprésence du bocage. Le plan de paysages du Pays d'Art et d'Histoire ont révélé sept entités paysagères différentes.

1. Plaine de Saône. La Saône est le principal axe structurant du Pays d’Art et d’Histoire. Empruntant l’effondrement tectonique bressan, son lit majeur fut déplacé vers l’ouest, le long des plis calcaires tournugeois et mâconnais. Dès les premières pentes viticoles, bonifiées par les éboulis calcaires, un paysage immense s’ouvre sur les terrasses alluviales du val de Saône et la plaine de Bresse. Les premiers contreforts du Jura, et par temps clair le massif du Mont-Blanc en forment au loin l’horizon.

2. Monts du Tournugeois et du Mâconnais. Une série de cinq chaînons plissés parallèles se succèdent entre Saône et Grosne, orientés nord-sud. Dans cette alternance de vallons, de combes et de ressauts, de sols souples et de roches résistantes, le vignoble a trouvé sa terre d’élection. Lézardé par un réseau dense de failles, le relief des côtes calcaires s’élève progressivement d’est en ouest, prenant appui sur le socle granitique qui affleure et culmine à 579 mètres au mont Saint-Romain à Blanot.

3. Vallée de la Grosne. Deuxième axe structurant du Pays d'Art et d'Histoire, la vallée de la Grosne a pour origine un accident tectonique parallèle et contemporain de celui de la Bresse. S’élargissant du sud vers le nord, la Grosne l’a fortement érodée, décapant les débris calcaires et transportant une masse considérable de galets et de sables, depuis le Beaujolais où elle prend sa source jusqu’à sa confluence avec la Saône. Son profil encaissé, l’étagement d’arène sur ses pentes et d’une épaisse couche d’alluvions en fond de vallée, lui ont donné sa vocation polyculturale et ses paysages boisés et verdoyants.

Panorama à Brancion - Vallée de la Grosne

4. Contreforts du Clunisois. A l’ouest de Cluny, un puissant massif, aux formes lourdes, témoigne de la continuité de la dorsale Beaujolais-Charolais-Morvan. Le socle granitique prédomine au sud, surmonté de vastes bancs de grès couronnant ses sommets à l’est. De longs plissements calcaires séparent les bassins-versants de la Grosne et de la Guye au nord. Ses sols majoritairement acides et humides l’ont destiné à l’élevage et à la forêt. Refuge naturel pour le poisson, de nombreux biefs, bassins de retenue et moulins en exploitaient jadis les ressources hydrauliques.

Panorama de Lournand - Contreforts du Clunisois

5. Bassin-versant de la Guye. Guye, Gande et Galandise et de multiples ruisseaux forment un vaste bassin encadré par la dorsale  qui s’étire du Clunisois au Charolais. Le socle granitique y est entrecoupé de bancs de grès. Les alluvions fluvio-lacustres occupent les fonds de vallée. L’élevage d’embouche domine les activités, sur les pentes d’arène granitique, comme dans les vallées remblayées de sables et d’argiles fins. La forêt couvre les grès de la couronne sommitale. Le bocage structure le paysage, ses formes épousant celles du relief et de l’hydrographie.

6.Côte chalonnaise méridionale. Entre St-André-le-Désert et St-Gengoux-le-National, le socle granitique entre en contact avec une couverture de grès et de calcaires. Un relief aux profils escarpés et accidentés domine les vallées de la Guye et de la Grosne, et forme la bordure nord-est du Pays d’Art et d’Histoire. C’est le prolongement de la côte chalonnaise. La forêt en couvre les parties hautes, granitiques et gréseuses. Elevage, polyculture et vigne ont trouvé des terrains propices dans ses combes et vallons, et formé des terroirs aux activités et aux paysages variés.

7. Plaine Grison-Grosne-Guye. Cette vaste étendue a été aplanie par les effets de l’érosion et de l’alluvionnement de la Grosne, du Grison et de la Guye, dont les vallées s’élargissent au nord de la ligne Chissey-Cormatin-Bonnay. Sa partie orientale est surmontée d’une puissante terrasse d’alluvions, composée de sables, graviers et galets transportés par la Grosne sur une épaisseur de 50 mètres. De Cotte au Grand-Bragny, celle-ci forme un chapelet ourlé de forêts. Son alternance avec les terrasses plus récentes d’argiles et de sables qui longent le lit mineur des cours d’eau dessine un paysage composite de prairies humides et de polyculture, de champs ouverts et de bocage.